Le métier d’éducateur de jeunes enfants attire de plus en plus d’adultes en quête de sens, notamment ceux issus du commerce, de l’animation ou des métiers du soin. Une reconversion vers l’EJE passe obligatoirement par l’obtention du diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE), délivré après une formation en institut spécialisé. Ce guide détaille les étapes, les financements et les débouchés pour réussir ce changement de cap en 2026.
À retenir
- Le DEEJE se prépare en 3 ans, ou 18 à 24 mois pour les titulaires d’un diplôme du secteur social.
- L’admission se fait sur dossier et entretien, sans concours écrit depuis la réforme Parcoursup.
- Le CPF, le PTP et France Travail permettent de financer tout ou partie de la formation.
- Le salaire d’un EJE débutant tourne autour de 1 800 à 2 000 euros bruts mensuels.
- La VAE permet parfois d’obtenir le diplôme sans repasser toute la formation initiale.
Qu’est-ce qu’un éducateur de jeunes enfants exactement ?
L’éducateur de jeunes enfants accompagne le développement des enfants de la naissance à 7 ans, en crèche, halte-garderie, école maternelle ou service d’aide sociale à l’enfance. Il conçoit des activités d’éveil, observe le développement psychomoteur et affectif de chaque enfant, et soutient les parents dans leur rôle éducatif. Contrairement à l’auxiliaire de puériculture, l’EJE occupe des fonctions d’encadrement pédagogique et peut diriger une structure d’accueil.
Le métier s’exerce aussi bien dans le secteur public (collectivités territoriales, hôpitaux) que dans le secteur privé associatif ou en crèche d’entreprise. Cette diversité de débouchés explique pourquoi tant d’adultes envisagent une reconversion professionnelle vers des métiers qui recrutent en 2026, dont celui d’EJE fait partie compte tenu des tensions de recrutement dans la petite enfance.
Pourquoi choisir une formation EJE en reconversion ?
La petite enfance reste un secteur en tension malgré les réformes successives des modes de garde. Les collectivités et les crèches privées peinent à recruter des professionnels diplômés, ce qui ouvre des perspectives réelles d’embauche rapide après l’obtention du diplôme. La reconversion vers l’EJE séduit particulièrement les personnes venant de métiers en contact avec le public, comme l’animation, l’enseignement ou l’aide à la personne.
Au delà de la stabilité de l’emploi, ce choix répond souvent à une quête de sens : accompagner le développement d’un enfant, travailler en équipe pluridisciplinaire, et évoluer vers des postes de direction de structure après quelques années d’expérience. C’est une trajectoire comparable à celle observée chez les personnes qui envisagent de devenir ergothérapeute en reconversion, un autre métier du soin et de l’accompagnement en forte demande.
Quel diplôme prépare au métier d’EJE ?
Le DEEJE, diplôme d’État obligatoire
Le diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE) est indispensable pour exercer. Il se prépare dans un institut de formation en travail social (IRTS, IFTS ou école agréée) et comprend un socle de quatre domaines de compétences : accompagnement de l’enfant, action éducative, dynamique partenariale et travail en équipe. La formation alterne cours théoriques et stages pratiques en structure d’accueil.
Durée de la formation selon le profil
Pour un adulte en reconversion sans diplôme initial du secteur, la formation dure généralement 3 ans à temps plein. Les titulaires d’un diplôme d’État du travail social (auxiliaire de puériculture, moniteur éducateur, aide médico-psychologique) bénéficient d’allègements et peuvent réduire la durée à 18 ou 24 mois. Certains instituts proposent également des parcours en alternance, plus compatibles avec une reconversion tardive.
Admission : dossier, entretien et parfois tests
Depuis la réforme des concours du travail social, l’admission se fait sur Parcoursup pour les candidats sans diplôme équivalent, via l’étude d’un dossier de candidature et un entretien de motivation. Certains instituts organisent en complément des épreuves écrites ou des mises en situation. La motivation, l’expérience auprès d’enfants (même bénévole) et la connaissance du secteur pèsent lourd dans la sélection.
Comment financer une formation EJE en reconversion ?
Le coût d’une formation EJE varie selon les instituts, entre 5 000 et 9 000 euros par an pour un parcours initial complet. Plusieurs dispositifs permettent d’alléger cette charge pour un adulte en reconversion.
- Le CPF (compte personnel de formation) : mobilisable pour financer tout ou partie de la formation si elle est éligible, souvent en complément d’un autre dispositif.
- Le Projet de transition professionnelle (PTP) : permet de conserver une rémunération pendant la formation pour les salariés en poste depuis au moins 24 mois.
- France Travail : propose des aides individuelles à la formation (AIF) et peut financer un parcours si le métier d’EJE figure parmi les besoins identifiés du bassin d’emploi.
- Le contrat de professionnalisation ou d’apprentissage : permet de se former tout en étant rémunéré au sein d’une structure d’accueil.
Avant de se lancer, il est utile de consulter des ressources comme ce guide sur la reconversion professionnelle des adultes pour comparer les dispositifs de financement disponibles selon son statut, salarié, demandeur d’emploi ou indépendant.
Faut-il quitter son emploi pour se former ?
Beaucoup de candidats à la reconversion EJE hésitent entre rupture conventionnelle, démission ou congé de transition. La rupture conventionnelle reste souvent privilégiée car elle ouvre droit aux allocations chômage tout en négociant les modalités de départ avec l’employeur. Elle facilite aussi le montage d’un dossier de financement auprès de France Travail.
Pour préparer cette étape administrative, il peut être utile de s’appuyer sur un modèle de lettre de rupture conventionnelle pour reconversion professionnelle afin de formuler sa demande de manière claire et professionnelle auprès de son employeur.
La VAE, une voie alternative vers le diplôme
La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet d’obtenir tout ou partie du DEEJE sans repasser l’intégralité de la formation, à condition de justifier d’une expérience professionnelle ou bénévole significative auprès de jeunes enfants. Ce parcours convient particulièrement aux personnes ayant déjà exercé comme animateur périscolaire, assistant maternel ou auxiliaire de puériculture. La VAE exige la constitution d’un dossier détaillé et un passage devant un jury, mais elle raccourcit considérablement le temps de reconversion.
Quel salaire et quelles perspectives d’évolution pour un EJE ?
En début de carrière, un éducateur de jeunes enfants perçoit environ 1 800 à 2 000 euros bruts mensuels dans la fonction publique territoriale, un peu plus dans certaines structures privées ou associatives. Cette rémunération évolue avec l’ancienneté et les responsabilités confiées.
Avec de l’expérience, un EJE peut accéder à des postes de direction de crèche, de coordinateur petite enfance, ou se spécialiser dans l’accompagnement du handicap en bas âge. Certains poursuivent également vers des formations complémentaires en management ou en éducation spécialisée pour élargir leurs perspectives. Ces évolutions rendent le métier attractif pour une reconversion à moyen ou long terme.
Comment réussir sa candidature à une formation EJE ?
La sélection en institut de formation valorise avant tout la cohérence du projet professionnel. Un candidat en reconversion doit démontrer sa motivation par des expériences concrètes : bénévolat associatif, garde d’enfants, stage d’observation en crèche ou service civique auprès de familles.
Pour appuyer sa candidature, notamment lorsqu’une démarche spontanée est nécessaire auprès d’un institut ou d’un employeur en amont de la formation, s’inspirer d’une lettre de motivation spontanée pour reconversion professionnelle aide à structurer un discours clair sur son parcours et ses motivations.
Testez vos connaissances
- Quel diplôme faut il obtenir pour exercer comme éducateur de jeunes enfants ?
Réponse : le diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE), délivré après une formation en institut spécialisé. - Combien de temps dure la formation pour un adulte en reconversion sans diplôme du secteur ?
Réponse : environ 3 ans à temps plein, réduite à 18 ou 24 mois pour les titulaires d’un diplôme social existant. - Quel dispositif permet de financer sa formation tout en gardant une rémunération ?
Réponse : le Projet de transition professionnelle (PTP), accessible aux salariés ayant au moins 24 mois d’ancienneté.
Questions fréquentes
Peut on devenir EJE sans le bac ?
L’admission en institut de formation nécessite en principe le baccalauréat ou un diplôme équivalent. Certaines passerelles existent pour les titulaires d’un diplôme du travail social de niveau inférieur, via une validation des équivalences.
La formation EJE est elle accessible en alternance ?
Oui, plusieurs instituts proposent des parcours en alternance ou en cours d’emploi, particulièrement adaptés aux adultes en reconversion qui souhaitent conserver une activité rémunérée pendant leur formation.
Quelle différence entre un EJE et un auxiliaire de puériculture ?
L’auxiliaire de puériculture assure les soins quotidiens de l’enfant, tandis que l’EJE conçoit les projets pédagogiques et peut encadrer une équipe. Le DEEJE est un diplôme de niveau supérieur à celui d’auxiliaire de puériculture.